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Posted: 23/02/2007 18:56:32
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L’élection de tous les dangers
La prochaine élection présidentielle française peut-elle offrir de nouvelles perspectives politiques à la Corse ? A entendre les divers prétendants, il est permis d’en douter. Il est même à craindre que la Corse ne serve une énième fois de champ expérimental à l’hystérie sécuritaire qui s’empare de la plupart des candidats. La dernière rafle policière opérée à grand renfort médiatique, dont un membre de la ghjunta de Corsica Nazioni Indipendenti a été victime, laisse à penser à une lutte d’influence au sein même de l’UMP entre Sarkozy et Alliot Marie. Pire, les attentats perpétrés contre deux militants du Levante sont significatifs de la volonté de certains de réactiver les réseaux de police parallèle. Pour l’heure, et dans tous les cas, la Corse semble bien exclue du débat politique et confinée dans son statut de colonie à part entière.
Le clan et ses prétentions
Si l’élection présidentielle à la française doit consacrer telle ou telle personnalité, il faut bien comprendre que ce cérémonial conçu par de Gaulle pour son propre sacre, doit occulter pour le citoyen lambda le véritable enjeu qui est le contrôle de l’appareil d’Etat, dans une République qui a renonçé aux utopies, et qui se satisfait d’accompagner le libéralisme dans sa quète boulimique du profit.
Cette démission favorise l’émergence d’un personnel politique formaté, au langage stéréotypé, animé par le seul souci de faire carrière. Les représentants corses du clan qui savent mieux que quiconque ce que signifient l’allégeance, la soumission, le renoncement, se trouvent en conséquence confortés dans leurs prétentions à rejoindre la nébuleuse politique qui entoure l’appareil d’Etat. Ainsi, tel ou tel élu territorial qui s’avère ici être incapable de s’investir dans la gestion de l’Assemblée, clame à qui veut l’entendre, qu’il est ministrable ! Et comme une promesse en vaut une autre, il faut bien que les chefs de clan assurent l’Etat français de la « loyauté » de la Corse.
La question institutionnelle
A défaut de pouvoir juguler le mouvement national, en dépis du clientélisme ancestral qui leur sert d’argument, les chefs de clan ont trouvé un artifice politique pour justifier le statu quo colonial. Au prétexte d’une question formulée et posée par Sarkozy aux électeurs de Corse, les chefs de clan proclament urbi et orbi que l’évolution institutionnelle n’est plus d’actualité.
Cette manoeuvre mérite qu’on s’y attarde un instant car elle est symptomatique de la « mauvaise foi » du clan et des dirigeants français face au problème corse. Comment peut-on sérieusement tirer des conclusions définitives qui engagent l’avenir d’un peuple, au vu du résultat d’une consultation pour laquelle quelques centaines de voix séparent les partisans du Oui ou du Non. Quelle légitimité faut-il accorder, dans ce contexte, aux nombreux votes des fonctionnaires et militaires de passage assez peu concernés par l’avenir de la Corse, ou encore à ceux des propriétaires de résidences secondaires ? Dans ce scrutin, quel a été le poids de la fraude avérée dont la municipalité de Bastia est coutumière ? Quelle a été l’influence du Conseil Général de Corse du sud qui s’est livré par une circulaire à son personnel à un véritable chantage à l’emploi ? Et in fine quel a été l’impact du vote sanction à la politique globale de Sarkozy ? En vérité, ceux qui en Corse ou à Paris font référence à cette consultation électorale pour enterrer la question nationale, ont un comportement de faux cul, indigne de responsables politiques. Ce qui risque fort de les conduire vers des lendemains qui déchantent.
Légalité ou légitimité ?
Les émissaires politiques des futurs candidats à l’élection présidentielle française ou les candidats eux-mêmes, sont pour l’heure unanimes à se réfugier dans ce confort factice. On sait bien que depuis l’origine le rapport historique de la Corse à la France se résume à un immense malentendu, ce qui ne justifie en rien de vouloir le cultiver d’avantage. La France devrait se souvenir que, face à une indépendance qu’elle savait inéluctable, elle a mené en Algérie une guerre de huit ans au nom des intérêts de quelques colons. Il ne faudrait pas qu’elle fasse preuve du même entêtement et la même cécité pour sauvegarder ici les intérêts d’un clanisme désuet, véritable anachronisme dans une Europe qui commence à comprendre que la diversité de ses peuples et de ses cultures peut être garante de son unité politique.
En cela, le mouvement national s’inscrit consciemment dans le sens d’une histoire qui voit les peuples recouvrer une dignité longtemps confisquée par les impérialismes et les idéologies, fussentelles révolutionnaires. Mais la certitude de la justesse d’une revendication ne serait rien sans cette praxis qui doit conduire le peuple corse à exercer ses droits de peuple, au premier rang desquels, celui de légiférer. Car en dehors de cette perspective et dans l’état actuel des institutions de la Corse, le peuple corse est condamné à aménager le colonialisme et à court terme, comble du cynisme, à ordonner sa propre disparition. Une échéance que le plus obtu des futurs dirigeants français ne peut sérieusement envisager sauf à vouloir provoquer délibérément une tension aux conséquences imprévisibles. _________________ « Si l’issue nous est favorable, nous serons appelés défenseurs de la liberté, si elle nous est défavorable, nous serons appelés rebelles »P. PAOLI
RESISTENZA SOLA SPERENZA
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